fredag, 09 september 2016 10:58

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Marianne Olsens blog-indlæg om Savalls fredsbudskab

marianneVia dellamore 

L’amour et la paix – festival musical à Næstved, ville danoise (blog-indlægget på fransk)

Savall blogPour marquer l’extraordinaire joie de fête les jours de 19 au 21 août, nos musiciens de trompettes ont monté leurs trompettes de verre en haut de la tour de l’Église Saint Pierre où ils ont sonné la fanfare.

La grande fête commençait.
C’est le premier festival arrangé par Næstved Early Music Festival. Nous nous y sommes préparé longtemps, et nous avons de temps en temps eu des concerts de musique ancienne. Regardez http://www.nemf.dk/
Peter Spissky, qui nous a visités plus d’une fois avec ses ‘camerata Øresund’, a organisé l’orchestre du festival dont la grande étoile était le maître de la viole de gambe, Jordi Savall. Il nous a joué trois concerts les trois jours du festival. Lone Ekstrand a réussi – avec notre président Peter Stevnhoved, - à obtenir que ce génie de viole joue dans une ville qui d’ailleurs serait éloigné de son monde de tous les jours, mais c’est, je le crois, justement l’idée de ce gambiste de ne trouver aucun endroit eloginé de sa grande âme.
Jordi Savall a, dit-on, été content de l’orchestre de Spissky, et Peter Spissky a exprimé sa joie de jouer ces jours de l’Amour et de paix.
Il y avait beaucoup d’artistes merveilleux, comme on le voit sur le site de NEMF, mais ici je veux me concentrer sur le maître gambiste et sa mission de nous faire part de l’espoir de paix dans notre monde tourmenté :
C’est ce qu’il a fait pendant le festival à Næstved : Bien que ce soit un festival de musique ancienne, Jordi Savall, l’orchestere et le choeur, après avoir joué le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier, nous a donné le Da pacem Domine, Seigneur donne-nous la paix composé de son ami Arvo Pârt causé par le terreur à Madrid le 11 janvier 2004.
L’autorité et la musicalité singulières de Jordi Savall est un don que le maître a partagé avec nous tous.
«Voilà un privilège que nous avons de pouvoir jouir ensemble de cette belle musique, mais il faut rappeller qu’en ce même temps il y a beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants qui souffrent, qui meurent. »
Nous avons eu l’histoire de la composition d’Arvo Pärt que, le jour après les bombes à Madrid, Jordi Savall a reçue dans som fax-box.
Revenue chez moi, j’ai pris le livre Mare Nostrum, Notre mer, par Monserrat Figueras, Lior Elmaleh et Jordi Savall, livre et disques pour la paix.
Dans ce livre Jordi Savall écrit sur la Méditerranée, cette mer que par nos crimes contre nos prochains nous avons fait une mer des morts, une mer de nos morts.
Il écrit entre autres .
« Les civilisations et les peuples de ‘Notre mer’ se sont forgés à partir de deux grands fleuves indépendants mais toujours communicants : les invasion et migrations et les développements des trois principales religions. C’est pourqoi l’histoire de la Méditerrannée, comme le constate si bien Maurice Aymard, est surtout l’histoire de multiples migrations, invasions, expansions et diasporas. (...)
Mais la Méditerranée c’est aussi l’histoire de la mythologie, de la philosophie, des anciennes croyances, de la pensée spirituelle et des conflits très étroitement liés aux trois principales religions monothéistes : judaîsme, christianisme et islam. Comme le décrit si bien Roger Arnaldez : « Quelle que soit l’origine des religions, il semble que le polythéisme corresponde bien à l’expérience pratique d’hommes aux prises avec une nature hostile. » (...)
« Le Dieu unique est révélé aux Hébreux, mais c’est un Dieu qui veut être seul à recevoir un culte des hommes. (...) Quand Jésus de Nazareth naquit, le judaïsme passait des crises sociales et politiques, et il était en fermentation sous l’effet de conceptions religieuses diverses. Pharisiens, sadducéens et zélotes s’opposaient, et il y avait également les ésséniens que nous connaissons mieux par les manuscrits de la mer Morte(..) Le Dieu unique prêché par le Christ est bien celui d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, mais il n’est plus exclusif à ceux avec qui Il fait alliance. Il est élevé au dessus des mêlées humaines. (...)
Le christianisme l’emporta politiquement avec l’empereur Constantin. Om comprend alors que le peuple de l’Ancien testament – souvent méprisé et maltraité par les Romains, et plus encore par les chrétiens triomphants -, privé de son Temple à Jérusalem, privé des prophètes, se soit repliés, sous la conduite de ses docteurs.(..) Ainsi s’est développée en vase clos une immense littérature qui s’appuie sur la Mishna, les talmud de Jérusalem et de Babylone, la Halakha et la Aggada, et produit l’essor de la Cabbale et la mystique Juive.
(...) Devenue officielle dans l’Empire, la religion chrétienne fut confrontée à un grand péril : le goût de la richesse et du faste, le goût du pouvoir. Mais parallèlement s’est conservé et développé un esprit de pauvreté, de simplicité et d’humilité avec la monachisme en Occident, avec saint Benoît et sa règle : vie d’obéissance, de prière, de pénitence et de travail.
Le dernier bouleversement subi dans l’espace Méditerranéen médiéval fut la rapide conquête de villes et de pays par ‘les Cavaliers d’Allah’ (...) Et l’islam se présente comme la restauration d’une vérité unique qui doit faire l’unité de tous les croyants : « Dis : -O gens du livre (juifs et chrétins) (..) que nous adorons que Dieu et ne lui associons rien (...) un seul Dieu, une seule foi, une communauté, or la foi, selon un ‘hadith’ célèbre, consiste à croire en Dieu, aux anges, aux Livres, aux Envoyés, au Jugement Dernier et à ce qui est prédéterminé en bien et en mal.
Il peut sembler que sur un tel credo, tous les monothéismes devraient tomber d’accord, mais le fait, en tant que religions positives et révélées, elles ne peuvent arriver à s’entendre. Les Livres, les Envoyés ne sont pas les mêmes où ils ne sont pas compris de la même manière. (...)
Enfin laissons parler l’histoire, pour mieux comprendre le sens de nos origines et de nos tragédies, de nos conflits et de nos espoirs, et laisson sonner la musique, pour nous faire sentir, grâce aux dialogues des voix et des instruments, combien l’infinie richesse de notre diversité musicale ‘méditerranéenne’ peut être une source inépuisable d’émotions et de beauté, de dialogues et de découvertes. Nous pensons comme Amin Malouf que ‘pour redonner à l’humanité’ déboussolée quelque signes d’espoir, il faut aller bien au-delà d’un dialogue des cultures et des croyances, vers une dialogue des âmes. Telle est en ce début du XXI siècle, la mission irremplacable de l’art. »
Voilà justement ce que nous autres danois avons reçu à Næstved au festival : La compassion et l’amour pour l’humanité souffrante exprimés, et l’espoir de savoir recevoir la paix.

-Marianne Olsen

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